Le projet « Pierres parlantes » explore les effets de la politique coloniale israélienne d’apartheid dans les villes d’Acres et d’Hébron, à partir des récits et des pratiques en lien avec la mémoire des lieux, les appartenances multiples, les expériences de l’exil et les aspirations au retour en Palestine.

Il est initié par l’Institut des Humanités MedFil, avec Pas-e et Biennale Urbana en Italie, Riwaq en Palestine et d’autres partenaires internationaux.
Il donne lieu à deux workshops durant la 16ème « Exposition Internationale d’Architecture de Venise : Espaces Libres », Studio Palestine du 29 au 31 août à Studio Pas-e, Cannaregio 3561, Venise et Topographies, du 2 au 4 septembre et la création d’un espace d’intervention et d’exposition à Caserma Pepe, Lido de Venise, du 10 septembre au 15 novembre 2018.
L’équipe travaille avec un groupe de bénévoles en Palestine, composé d’étudiant·e·s, de jeunes travailleur·se·s, d’architectes, d’artistes et d’habitant·e·s, en collaboration avec des participant·e·s italien·ne·s.

Le projet explore les effets de la politique coloniale israélienne d’apartheid dans les villes d’Acres et d’Hébron depuis 1948. Il analyse les dimensions culturelles et de la production de l’espace sous l’occupation, là où la mémoire collective et l’architecture se rencontrent. Le questionnement de cet espace-temps suit différentes modalités : la réalisation d’une maquette d’un quartier d’Hébron ainsi qu’une cartographie des villes, et d’interviews audio et vidéo avec d’ancien-ne-s habitant-e-s, de photographies des lieux et des ruines, et d’une collection des arts populaires, des artisanats et des matériaux bruts.
Ces différentes modalités de réalisation visent à ouvrir les frontières rigides entre chercheur·se·s et étudiant·e·s, entre artistes professionnel-le·s, architectes, documentaristes et public, pour éviter la situation du spectacle au profit d’une expérimentation où aucun point de vue subjectif n’est exclu.
La colonisation affecte la mémoire collective et l’espace public. À ces niveaux, le peuple palestinien a souffert et souffre toujours d’un processus multiple de « déconstruction » : plusieurs échelles de destruction y concourent, dans la fragmentation des territoires, la colonisation par les civils et l’occupation militaire qui ont enfermée une société entière derrière des murs et des postes de contrôle, l’exil forcé et la vie dans les camps de réfugié·e·s depuis 70 ans.
Ce projet s’inscrit dans un mouvement opposé à cette déconstruction mortifiante, et vise à « construire » les conditions de possibilité à penser un avenir, à partir de la résistance aux ruines du présent, telle qu’elle existe dans la culture et la vie quotidienne. La démarche consiste d’une part à créer une continuité et une attitude orientée vers l’avenir, là où l’occupation a entraîné la fragmentation et l’épuisement. De l’autre, à interroger le sens d’une architecture décoloniale, dans la reconstruction des maisons qui ont été détruites, la réparation des monuments historiques abandonnés, des lieux de culte et des espaces de socialisation.

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