CENTRE D’ÉTUDES FÉMINISTES – Palestine

Un projet de recherche contributif (en construction) :
Sociologie appliquée / sociologie de l’intervention / sociologie clinique / approche socio-analytique.

Cadre théorique :

La sociologie française :

  • La contribution de « l’Analyse Institutionnelle » et / ou de la « Socio-analyse » de Georges Lapassade, Remi Hess, René Lourau comme l’essence de la sociologie de l’intervention dans le domaine social et spécialement dans les questions féministes. Ces questions des femmes et du genre bénéficieraient de la sociologie française de l’organisation (Michel Crozier), de la Socio-psychanalyse (Gérard Mendel, Vincent de Gaulejc), de l’intervention psycho-sociale (Bourdieu, Jean Dubost, Eugène Enriquez [i] ), la psychanalyse des groupes et le groupe psychodynamique (Didier Anzieu, René Kaes).
  • La contribution de la Philosophie Ethique pour le « Changement » de Marie-Louise Pellegrin, disciple de G. Lapassade, et créatrice du « Consortium des Universités Euro-Méditerranéennes » (CUEM) [ii]. MLP a élaboré la théorie des « catégories énonciatives » en tant que catégories linguistiques qui ne sont pas simplement des instruments de communication, mais principalement des « actes pour accomplir le monde ». Sinon, il n’y a pas d’ intervention dans le domaine social aussi bien que dans les positions féminines et de genre, les rôles, le statut hors (ou en dehors) de ces catégories.

La sociologie anglo-saxonne :

  • La contribution de la socio-analyse anglo-saxonne (Earl Hopper, Haim Weinberg) explorant la dynamique interne et interconnectée des structures sociales et leur signification cachée et profonde (Susan Long) a représenté un instrument théorique puissant pour comprendre l’inconscient social mais il était assimilé aussi à un destin des sciences du comportement. Une sorte de science utilitaire appliquée à des fins pragmatiques (performance au travail, évaluation de la personnalité, stabilité émotionnelle, etc.). Dans ce sens, une analyse critique de cette contribution est hautement nécessaire.
  • La contribution des sociologies appliquées et cliniques dans les perspectives des femmes / études de genre sont des approches complémentaires. L’emploi de points de vue sociologiques et de ses outils dans la compréhension de la vie sociale, des femmes et des questions de genre et / ou l’utilisation de ces perspectives pour intervenir, améliorer, changer certains aspects du social, sont considérés comme définissant la pratique sociologique dans son ensemble (voir la définition américaine des sociologies cliniques et appliquées ci-dessous) [iii] .

 


[i] Dans la sociologie française de la pratique, c’est Eugène Enriquez qui a fait le plus de liens entre les différentes tendances de la psychosociologie française. Son travail sur la « clinique du pouvoir » articulait la dimension inconsciente avec la vie à l’intérieur des institutions, des organisations et des groupes. Il a analysé les enjeux du pouvoir, de l’éthique, des changements et de la sexualité dans les pratiques d’intervention.

[ii] Une contribution critique intéressante à l’analyse sociologique réalisée par la professeure Marie-Louise Pellegrin et par ses collègues du « Consortium des universités euro-méditerranéennes » – CUEM (mené depuis 2002 en Italie, Sicile).

Prof. Pellegrin en tant que groupe de réflexion international et interdisciplinaire se référant à la linguistique, l’anthropologie et la psychanalyse a initié le CUEM.
Marie-Louise Pellegrin, a employé le concept d ‘« analyseur » en présentant les « minorités » et les soi-disant « marginaux » comme un analyseur de l’ensemble des sociétés occidentales. Cet analyseur est considéré par elle comme une référence conceptuelle qui révèle, questionne, analyse la « majorité », ses certitudes et ses critères intouchables appartenant à ses visions positivistes extrêmes. Pour compléter son approche critique de la pensée occidentale, la professeure Pellegrin accorde plus d’attention à la pensée non-occidentale et surtout aux philosophies et cultures méditerranéennes pour s’éloigner des catégories occidentales de pensée, considérées comme universelles une fois pour toutes.

Son rejet du confinement dans la seule culture occidentale considérée comme certaine, évidente, supérieure, avancée et complète concerne aussi une considération éthique qui est nécessaire pour apprécier « l’Autre », pour le comprendre et pour cohabiter ensemble dans le respect mutuel. L’autre est conçu comme l’alter ego du « soi », c’est-à-dire « l’autre moi ». L’autre est à la fois mon voisin et un sujet différent de moi. C’est la cohabitation entre la proximité et la distance, la familiarité et l’étrangeté.

Cette réflexion critique et éthique prend position sur les questions liées au post-colonialisme, aux questions féminines et à la théorie du genre.

http://cuem.free.fr/

[iii] Sociologie clinique et pratique sociologique: « La pratique sociologique du terme (…) implique deux domaines, la sociologie clinique et la sociologie appliquée. La sociologie clinique met l’accent sur l’intervention pratique tandis que la sociologie appliquée met l’accent sur la recherche à des fins pratiques. Les deux spécialités nécessitent différents types de formation spécialisée. Certains praticiens sociologiques sont « cliniques » dans la mesure où ils effectuent uniquement ou principalement un travail d’intervention ; d’autres sont « appliqués » dans la mesure où ils mènent uniquement ou principalement des recherches présentant un intérêt pratique.

Certains pratiquants font les deux. Les sociologues cliniques, par exemple, peuvent mener des recherches avant de commencer un projet d’intervention pour évaluer l’état actuel des choses, pendant une intervention (par exemple, pour étudier le processus d’adaptation), et / ou après l’achèvement de l’intervention pour évaluer la résultat de cette intervention. Pour certains sociologues cliniques, l’activité de recherche est une partie importante de leur propre travail clinique. Ces sociologues ont une formation appropriée en recherche et cherchent des occasions de mener des recherches. D’autres sociologues cliniques préfèrent se concentrer sur les interventions et laisser toute recherche aux autres membres de l’équipe. Les sociologues cliniques qui décident de ne pas faire de recherche peuvent avoir des compétences en recherche mais préfèrent effectuer des interventions, qu’ils n’aient pas suffisamment d’expertise dans la conduite de la recherche ou bien sachant que les autres membres de l’équipe ont plus d’expertise en recherche.

http://edu.learnsoc.org/